mardi 5 décembre 2006, par Surveillance Studies Network
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Introduction
En juin 2006, le Surveillance Studies Network a été chargé par le commissaire à l’information britannique de rédiger un rapport sur la société de la surveillance. Le présent document est une synthèse de ce rapport. Il se divise en trois chapitres qui reprennent les principaux points couverts par le rapport. Le premier d’entre eux illustre dans les grandes lignes le contexte de la société de la surveillance : ses définitions, ses problèmes et ses conséquences. Le deuxième indique le mode d’opération de la société de surveillance. Quant au troisième, il étudie certains des défis réglementaires posés par la société de la surveillance.
Société de la surveillance : synthèse, histoire et définitions
Nous vivons au sein d’une société de la surveillance. Inutile de parler de société de la surveillance au futur. Dans tous les pays riches du monde, le quotidien est envahi par la surveillance, pas simplement de l’aube au crépuscule, mais bien 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le problème ne réside pas simplement dans le fait que nous soyons filmés plusieurs centaines de fois par jour par des caméras de télévision à circuit fermé (CCTV) en réseaux de surveillance, ou que l’on nous demande notre carte de fidélité en passant à la caisse du supermarché. Il vient du fait que ces dispositifs représentent une infrastructure fondamentale et complexe qui part du principe que la collecte et le traitement des données personnelles sont désormais des activités essentielles à la vie contemporaine.
Certaines formes de surveillance ont toujours existé : on s’observe pour prendre soin les uns des autres, pour se donner une caution morale et découvrir secrètement des informations. Cependant, il y a environ 400 ans, des méthodes « rationnelles » ont commencé d’être appliquées à des pratiques organisationnelles qui ont progressivement éliminé la nécessité de recourir aux réseaux et aux contrôles sociaux informels sur lesquels s’appuyaient au quotidien le commerce et les activités gouvernementales. On a fait en sorte que les relations sociales ordinaires soient jugées désuètes, afin d’empêcher les liens familiaux et les identités personnelles d’entraver le bon déroulement de ces nouvelles organisations, appelées « bureaucraties ». Mais, point positif, les citoyens et, par la suite, les travailleurs, ont pu espérer un plus grand respect de leurs droits, se sentant protégés par des données précises ainsi que par la loi. Les pratiques impersonnelles et centrées sur des règlements se sont multipliées dans le domaine de la surveillance. De nouvelles technologies de l’information ont révolutionné l’administration bureaucratique de l’après-guerre, améliorant ainsi vitesse, niveau de contrôle et coordination. Ce phénomène, associé à une amélioration des techniques d’identification et de localisation mises au point dans les secteurs militaire et du maintien de l’ordre, constitue le principal message de ce rapport. La surveillance se développe dans le contexte de la modernité.
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