Le développement de la biométrie dans les documents de voyage et d’identité a des effets directs sur les migrants. Largement motivée par le désir de lutter contre l’immigration clandestine et contre le terrorisme, l’identification biométrique utilise la reconnaissance faciale et les empreintes digitales, les données étant stockées (base de données EURODAC dans l’Union européenne).
A ses effets discriminatoires évidents s’ajoute une inégalité de moyens selon les pays. Malgré certaines précautions, comme la directive communautaire de 1995 sur la protection des données personnelles, ces dernières, tout comme les libertés individuelles, risquent d’être détournées de leur usage officiel, parfois à l’insu des personnes concernées. Des échanges de données et de renseignements s’effectuent maintenant entre instances européennes, Europol notamment, et les autorités américaines. La biométrie qui comporte des dangers réels a ses limites : ce n’est pas la panacée.
Thomas, Rebekah. - Biometrics, international migrants and human rights. - European Journal of Migration and Law
. - (2005)vol.7:n°4, p.377-411. - Bibliogr.