lundi 5 novembre 2007, par Delebarre Michel
C’est aux îles Canaries, confrontées à l’afflux d’immigrants tentant de rallier l’archipel espagnol, que la Commission des Affaires constitutionnelles, de la Gouvernance européenne et de l’Espace de Liberté, de Sécurité et de Justice du Comité des Régions (CONST), présidée par M. António Paiva (PT/PPE), s’est réunie, le 30 octobre à Adeje, Tenerife, à l’invitation du Président du Gouvernement, Paulino Rivero Baute (ES/ALDE) sur le thème du « Rôle des villes et des régions dans la gestion des flux migratoires ». Une politique européenne des migrations est nécessaire pour Michel Delebarre « mais elle ne doit pas se limiter à définir un cadre juridique et des sanctions pour faire respecter les droits ».
Il ne suffit plus de réagir aux situations d’urgence, il faut anticiper, planifier et gérer beaucoup plus en amont la gestion des flux migratoires, a déclaré en substance Michel Delebarre, Président du Comité des Régions, rappelant que les villes et les régions étaient en première ligne : « Ce sont elles qui doivent gérer les situations d’urgence. » Le Député-Maire de Dunkerque (FR) a également insisté sur le fait que l’immigration constituait « un défi majeur pour les prochaines années ». Les collectivités territoriales doivent en effet assurer l’accueil des migrants légaux et leur intégration, mais il leur revient aussi d’apporter leur concours aux actions de lutte contre le trafic des êtres humains et l’immigration illégale.
Pour le Président du Comité des Régions, la gestion effective des frontières extérieures doit se faire avec la coopération de toutes les autorités et à tous les niveaux : « La réponse doit être cohérente et globale incluant tous les territoires, les pôles d’immigrations majeurs comme les zones frontalières, les zones de transit et les pays d’origine des migrants. Elle doit allier solidarité, coresponsabilité et concertation. La gouvernance à plusieurs niveaux doit aussi s’appliquer à la gestion des flux migratoires. »
L’expérience de terrain des élus locaux et régionaux apporte en effet « une autre dimension ». « Les collectivités territoriales ont souvent une approche plus nuancée que leurs gouvernements nationaux et privilégient la dimension humaine à travers les questions d’éducation, de santé, de logement. » Le Comité des Régions plaide à cet égard pour la création d’un instrument financier spécifique qui prendrait en compte les exigences du terrain et la définition de règles communes de régularisation.
Une coordination accrue passe également par le renforcement de la coopération avec les pays d’origine et de transit, dont certains représentants du Sénégal et de la Mauritanie ont participé à la conférence de la Commission CONST. « Nous sommes de fervents défenseurs d’un engagement accru de l’Europe dans le co-développement et nous encourageons la coopération décentralisée. »
Michel Delebarre a salué les engagements pris par les Chefs d’Etats et de gouvernement lors du Conseil européen de juin dernier qui « marquent une étape significative sur la voie d’une véritable politique européenne migratoire » ainsi que les avancées permises en la matière par le Traité réformateur.
Les représentants des institutions communautaires ont tous reconnu que la migration vers le continent européen devait être gérée en apportant une réponse globale et mieux intégrée avec l’appui du partenariat transnational, interrégional et transfrontalier. A cet égard, le Vice-président de la Commission européenne, M. Jacques Barrot, a annoncé en séance d’ouverture un fort accroissement de l’intervention communautaire en 2008, notamment à destination de l’agence FRONTEX pour appuyer l’action des Etats membres et des collectivités territoriales.
COR/07/127
Bruxelles, le 30 octobre 2007
Source : Europa