La précarisation sociale, qui s’est fortement développée depuis les années 1980, reflète les transformations du travail salarié et de l’institution familiale qui ont évolué vers des formes caractérisées, pour l’un comme pour l’autre, par la fragmentation, l’individualisation et la flexibilisation. Ces transformations touchent l’ensemble des milieux sociaux, mais de façon très différenciée, renforçant les inégalités et les discriminations sociales, notamment pour les populations qui sont parmi les plus démunies en capital scolaire et en ressources économiques.
Mes travaux de recherche montrent que la précarisation sociale ne peut être définie à partir d’un seul registre. C’est un processus polymorphe dont l’empreinte est présente dans les diverses trajectoires qui constituent chaque itinéraire de vie. Ce processus peut se cristalliser dans ce que nous nommons « événement critique », reflet objectivé de rapports de domination situés historiquement, avec ou non pour effets des ruptures, des bifurcations dans l’itinéraire de vie.
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