Notre société est traversée par de grandes inquiétudes, et le sentiment d’insécurité est devenu, depuis quelques années, un sentiment dominant. Par exemple, pendant l’épisode électoral d’avril 2002, la défaite de Lionel Jospin et le succès au premier tour de Jean-Marie Le Pen se sont joués dans une large mesure sur cette question de l’insécurité. Depuis, le gouvernement dont nous avons hérité, avec Monsieur Sarkozy en particulier, a fait de la question de l’insécurité une priorité, voire sa priorité. Il faut prendre au sérieux cette inquiétude généralisée, car elle est populaire, au sens fort du mot, et elle en dit beaucoup sur l’état de notre société. Toutefois, la prendre au sérieux ne veut pas dire l’accepter au premier degré. Ce sentiment généralisé d’insécurité est produit par l’amalgame de différentes sources d’inquiétude et de différentes menaces qui font que nos concitoyens ne se sentent pas protégés. Il faut donc tenter de décomposer ce sentiment et essayer de dégager les différents types de risques qui la composent pour mieux les combattre. 1 Té
The author resumes his sociological understanding of the notion : « social insecurity ». The article distinguishes several kinds of threat, for instance the physical threat of violent behaviour and the social threat of poverty or precarious lifestyle. Castel finds that there is a paradoxe when french citizens feels threatened by physical violence when there is no kind of civil war or clash of organized crime, as in Gaza, Bagdad or Bogota. It’s only in highly protected, western societies that the feeling of threat is such important.
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