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Lowy Elise : curriculum vitae

Tuesday 19 April 2005, by Lowy Elise

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Elise LOWY Université de Caen - Sociologie

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THEMES DE RECHERCHE -Vulnérabilités (insécurité sociale, difficultés existentielles, fragilisation des personnes) associées à l’environnement -Respect et transgression des normes, tant juridiques (locales, nationales, européennes) que comportementales (usages, consommation), selon les positions sociales -Mouvements modernisateurs-innovateurs (appareils technocratiques) -Mouvements contestataires (associations) -Changement social ; Rapports sociaux conflictuels entre ces mouvements -Champs thématiques privilégiés : l’alimentation et l’eau (poids de l’agriculture), l’air (industrie et transports) et l’énergie (systèmes techniques)

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

HABERMAS J.,La Technique et la Science comme idéologie [1] Jürgen Habermas met en lumière l’idéologie technoscientifique dans le capitalisme avancé, en montrant que la science et la technique, considérés par les philosophes des Lumières comme destructeurs des mythes et des superstitions, deviennent à leur tour idéologie. Devenues interdépendantes à partir de la fin du 19ème siècle, science et technique se trouvent de plus en plus au service de la production industrielle. Les hommes politiques assimilent progrès scientifico-technique et développement et consultent des experts avant toute prise de décision ; l’idéologie technocratique substitue à l’action démocratique des citoyens des techniques issues du monde marchand. Il s’agit, selon Habermas, d’opposer à une technique dominatrice et dangereuse pour l’humanité la discussion politique, l’agir communicationnel. Avec son dernier ouvrage, L’avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral ? (2002), Habermas fait un parallèle entre l’idéologie technocratique et le dogme néo-libéral, en ce sens où, dans les deux cas, la démocratie doit abdiquer : pour l’une, devant l’autorégulation des systèmes techniques et pour l’autre, devant l’autorégulation du marché.

AUGE M.,Non lieux, Introduction à une anthropologie de la surmodernité [2] Marc Augé, anthropologue du quotidien, met en valeur des non-lieux : des espaces d’anonymat où la preuve de son identité (carte de crédit, passeport, ticket, etc....) est ce grâce à quoi on conquiert cet anonymat. Un non-lieu est le contraire d’une résidence, d’un « chez-soi » : des camps de transit pour réfugiés aux moyens de transports et leurs installations (aéroport, échangeurs, gares), en passant par les grandes chaînes hôtelières ou encore les grandes surfaces. Dans un non lieu, chacun est seul et semblable aux autres. Cet ouvrage de Marc Augé s’avère d’une importance capitale pour introduire à ce qu’il nomme une anthropologie de la surmodernité.

POLANYI K.,La grande transformation [3]

L’apport considérable de cet ouvrage de Karl Polanyi réside dans la démonstration de la non naturalité de l’économie de marché, laquelle n’est ni un progrès, ni un aboutissement mais une construction socio-historique particulière. L’économie n’est pas naturelle mais institutionnelle et renvoie à une pluralité d’institutions possibles : la réciprocité, la redistribution, l’administration domestique, le marché. Jusqu’au 15-16ème siècles, l’économie humaine a été organisée à partir de ces trois premiers systèmes économiques. Il y a jusque là des marchés au pluriel (les marchés locaux- le market- et les marché internationaux- le trade-) et non un Marché. L’avènement de l’économie de marché suppose l’institution de marchés nationaux, de marchés intérieurs, qui naissent au 15-16ème siècle: c’est la révolution commerciale. La seconde rupture est la révolution industrielle de l’Europe du dix-neuvième siècle, où l’utopie libérale devient réalité ; l’activité économique se dissocie des relations sociales concrètes et est régulée par un mécanisme anonyme, impersonnel : le mécanisme du prix, soit de la loi de l’Offre et de la Demande. C’est l’avènement de l’échange marchand. Trois éléments essentiels deviennent marchandise : le crédit, la terre et le travail (la main d’oeuvre). La « Transformation » désigne ce moment où l’économie se désencastre de la société, où elle se sépare de la société. La « Grande transformation » désigne ce moment d’« autodéfense de la société » contre l’autonomisation de l’économie, qui se déploie avec force autours des années vingt-trente (nazisme, socialisme soviétique, fascisme, New Deal américain). La « Grande transformation » se traduit par l’intervention de l’Etat dans l’économie. L’Etat Providence est donc une résistance démocratique entraînant une démarchandisation partielle de la société et de l’humanité.

BECK U.,La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité [4] Dans cet ouvrage sur la « société du risque », société post-industrielle centrée sur la répartition des risques, Ulrich Beck construit un modèle théorique dont l’apport est considérable, basé sur le concept de « modernisation réflexive », soit le fait que la Modernité devient à elle-même sa propre question et l’origine de ses propres risques. Mais l’on peut aussi relever chez Ulrich Beck des apories. Ainsi, selon lui, le risque deviendrait un critère supérieur à la notion de répartition des richesses, qui structurait jusque là notre société capitaliste. Or, on ne peut nier l’existence d’une stratification sociale. En outre, il met sur le même plan, et cela est critiquable, les risques industriels (modernité réflexive), les incertitudes scientifiques (risques scientifiques) et l’insécurité sociale (individualisation). Enfin, nous pouvons souligner la contradiction qui est au coeur de sa réflexion, soit celle d’une effet idéologique paradoxal selon lequel notre salut se trouverait dans cela même que nous considérons nous conduire au bord du gouffre. A ce sujet, Denis Duclos [5] s’interroge : « Comment le risque peut-il évoquer l’angoisse de ce qui nous arrive, en être le signe, en même temps servir à la palier, la détruire ? ».

BARTHELEMY M.,Associations, un nouvel âge de la participation ? [6] Plusieurs aspects de l’ouvrage de Martine Barthélemy s’avèrent essentiels. Tout d’abord, l’originalité de son approche, qui permet de penser ensemble différents groupements ; ainsi, elle écrit qu’« au-delà des distinctions juridiques (statuts) ou fonctionnels (objectifs) entre syndicats, partis et associations (...) on peut se demander ce qui [les] rassemble ». Ensuite, cet auteur explicite, notamment à partir d’un détour historique, comment les associations, qu’elle considère comme l’« expression cristallisée et organisée du mouvement social », se sont construites en complément, en partenaire ou en relais de l’engagement partisan ou syndical, remettant en cause les formes de participation centrées sur la conquête de l’Etat et privilégiant les valeurs de local, de liberté et de solidarité.

CURRICULUM VITAE ET TRAVAUX

 Thèse en cours : L’environnement comme fait et enjeu social : qualité de la vie et vulnérabilités humaines

 LOWY E., Le mouvement antiglobalisation en France entre productivisme et anti-productivisme, D.E.A. « Sociologie, Innovation et risques », Université de Caen, 2004 (mention Très Bien).

 LOWY E., Les militants Verts : entre mouvements sociaux et partis politiques, Maîtrise de Sociologie, Université de Caen, 2003 (mention Très Bien)

 Licence de Sociologie spécialité socio-économie, Université de Caen, 2002 (mention Bien)

 D.E.U.G. de Sociologie, Université de Caen, 2001 (mention Bien)

 Baccalauréat ES, Collège Lycée Expérimental, Hérouville Saint Clair, 1999 (mention Bien)

Footnotes

[1] HABERMAS J., La Technique et la Science comme idéologie (1963), trad. J.-R. Ladmiral, Éd. Denoël, 1973.

[2] AUGE M., Non lieux, Introduction à une anthropologie de la surmodernité,Editions Seuil 1992.

[3] POLANYI K., La grande transformation, (1944), Gallimard, Paris, 1983.

[4] BECK U., La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité,(1986), Champs/Flammarion, 2001.

[5] DUCLOS D., « Heurs et malheurs du concept de risque », in DUPONT Y. (sous la dir.), Dictionnaire des risques, Armand Colin, 2003.

[6] BARTHELEMY M., Associations, un nouvel âge de la participation ? ,Paris, Presses de Sciences Po, 2000.