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Violences policières et violences des pouvoirs

lundi 18 août 2008, par Palidda Salvatore

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Avant de proposer quelques remarques concernant les problèmes de la recherche sur les violences policières (et tout d’abord l’absence –emblématique- de statistiques à ce propos), ce texte propose une perspective interprétative et d’analyse, donc quelques éléments de réflexion théorique et méthodologique. Il s’agit d’une tentative de comprendre les violences policières comme l’aspect des pratiques des agents des polices qui s’impose comme l’option de gestion violente du désordre aux dépens de la négociation pacifique. Cela se produit parfois par le hasard de comportements incontrôlés et a-rationnels de certains agents et de certains sujets sociaux considérés responsables de désordre, mais surtout par les effets d’un framequi favorise des interactions qui alimentent ces comportements ou conduisent à la tentative de maîtrise violente des conflits ou des anomies. Cette approche fait référence aux suggestions théoriques et méthodologiques de Foucault, de Garfinkel, Goffman et H. Becker ainsi que de certains sociologues de la police essayant d’aborder la recherche empirique à travers l’articulation de la diachronie et de la synchronie, du macro et du micro et de la confrontation entre cas différents.

Décrivant le framequi s’est forgé au cours de ces dernières vingt ans, je souligne en particulier la tendance en faveur de relations de domination violente dans presque tous les segments de l’organisation politique de la société et donc la contamination entre les pratiques de ces relations de la part des sujets sociaux plus forts et celles de nombre d’agents des polices et parfois aussi les réactions des personnes qui subissent ces pratiques. Je constate aussi que ce frameprovoque une certaine augmentation des comportements violents de la part de nombre d’agents des polices tout comme des faits de corruption, des abus ou des bavures courantes dans toutes les périodes du passé.

Cela se produit aussi pour ce qui est des violences de petits groupes de citadins zélés ou de « militants » de la « tolérance-zéro » parfois « couverts » par les agents des polices (publiques et privées, locales et nationales) qui partagent le même esprit. Je m’interroge enfin sur la relation entre cette augmentation des violences d’agents des polices et de citadins « zélés » et la conjoncture actuelle de l’organisation politique de la société comme effet d’une asymétrie de pouvoir et de force qui profite de l’exaspération des peurs et de l’insécurité (due surtout à l’Unsichereit) aux dépens de l’état de droit démocratique. Cela favorise la tendance des pouvoirs à privilégier une gestion violente qui reproduit un désordre permanent plutôt que des effectives tentatives de prévention et de recherche de la pacification.

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Violences policières et violences des pouvoirs

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