Monday 22 November 2004, by Migreurop
L’idée et la volonté d’une externalisation du traitement de l’asile hors des frontières de l’UE ont brutalement refait surface durant l’été 2004 : les ministres de l’intérieur allemand et italien, Otto Schily et Giuseppe Pisanu, proposent aux 25 la création d’une véritable institution européenne « qui recevrait et examinerait les demandes d’asile hors de l’Europe ». L’Autriche et les pays baltes indiquent un mois plus tard que l’Ukraine était le pays le plus approprié pour accueillir les demandeurs d’asile en provenance de Tchétchénie et du Caucase. Sans attendre la mise en place d’un tel dispositif au niveau communautaire, l’Italie négocie avec le gouvernement du colonel Kadhafi les moyens d’arrêter et de refouler les migrants africains en transit par la Libye. L’UE lève l’embargo le 11 octobre. Même si, au G5 de Florence (17-18 octobre 2004), aucun accord n’est atteint sur l’établissement de camps en Afrique du Nord, il s’agit là d’un saut qualitatif extrêmement grave : les institutions européennes ont intégré et fait accepter l’idée que les camps externalisés sont un instrument de la politique d’asile, qui n’est plus conçue, à l’instar des politiques d’entrée-séjour, que comme un outil de gestion des flux migratoires. Et pendant ce temps l’Italie procède à des expulsions de masse (plus de 1500 migrants, qui n’ont pas été identifiés et n’ont pas eu la possibilité de déposer une demande d’asile) menottés dans des avions militaires vers la Libye.
Un appel européen en plusieurs langues a été lancé contre la création de camps externalisés ; signature en ligne ouverte aux associations (bientôt aux individus).
Externalisation du traitement des demandes d’asile : synthèse d’Amnesty International-France (7/10/04)
Statewatch : Killing me softly virulente critique (en anglais) de la communication de la Commission européenne (COM (2004) 410) sur « le renforcement des capacités de protection des régions d’origine » (avril 2004).
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