Monday 17 October 2005, by MRAP
Le Conseil National du MRAP dénonce et condamne avec force les politiques d’immigration honteuses et inhumaines de la France et de l’Union Européenne qui ont entraîné les «morts par procuration» de Ceuta et Melilla. Il exige de nouvelles politiques résolument fondées sur la justice et les droits de l’homme et demande la création d’une commission d’enquête par le Parlement Européen.
Le Conseil National du MRAP, réuni le 8 octobre 2005, dénonce la politique ségrégationniste du gouvernement français qui s’en prend aux plus faibles et au plus démunis, français ou étrangers, avec ou sans papiers, les jetant hors de leur logement, pratiquant des rafles qui rappellent une autre époque, obligeant des enfants à se cacher auprès de nouveaux « justes «, pour tenter d’échapper à des expulsions dont le gouvernement ne cesse d’exploiter les effets d’annonce démagogiques et électoralistes.
Cette politique est la mise en acte de décisions, élaborées avec la participation de la France au sein de l’Union Européennes, dont les récentes morts violentes de Ceuta et Melilla signent la logique épouvantable. L’Europe se décharge ainsi du « sale boulot « de la fermeture sans cesse plus hermétique de ses frontières sur les autorités marocaines et par le biais d’accords de réadmission léonins, sur l’ensemble des pays d’origine et de transit.
Selon les témoignages d’associations des droits de l’homme, plus de 1.400 candidats «subsahariens « à l’immigration en Europe, épuisés et désespérés - y compris des femmes enceintes et des bébés - ont déjà été ou sont actuellement refoulés «vers une destination inconnue» du sud désertique algérien ou marocain, sans aucun moyen de survie. Certains y auraient déjà trouvé la mort. Cette caravane de l’horreur est désormais suivie par des représentants de l’Association marocaine AFVIC (Association des Familles des Victimes de l’immigration Clandestine). La France et l’Europe, aujourd’hui comme hier, tirent en grande partie leur richesse de l’exploitation des ressources humaines et économiques de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine.
Il en résulte, pour la France et pour l’Union Européenne, l’impérieux devoir, au nom de la justice et des droits de l’homme les plus élémentaires :
de contribuer à une véritable politique de co-développement de ces peuples, reconnaissant le rôle irremplaçable des migrants dans l’essor humain et matériel de leurs pays d’origine,
de s’écarter résolument d’une gestion sans cesse plus utilitariste d’ une immigration « choisie « en fonction des seuls intérêts des pays développés,
de mettre fin aux scandaleux accords de réadmission qui transforment pays de transit et d’origine en « chiens de garde « de l’Union européenne,
d’accueillir dans des conditions dignes et humaines des populations qu’elles contribuent aujourd’hui comme hier à spolier et appauvrir, transformant en véritables «esclaves modernes» les quelques dizaines de milliers de Sans Papiers parvenus sur leur sol.
Le MRAP demande en outre la création d’urgence par le Parlement Européen d’une commission d’enquête sur les événements de Ceuta et Melilla ainsi que sur les déportations barbares de migrants vers le Sud saharien.
Paris, 8 octobre 2005