Tuesday 25 October 2005, by El País
All the versions of this article:
Témoignage de l’un des agents de la guardia civil qui surveillait la frontière de Ceuta, le jeudi 29 septembre 2005 au matin.
« J’ai seulement vu qu’il y en avait un paquet qui m’arrivaient dessus : 200, 300. J’ai tiré des balles en caoutchouc, ce que j’ai pu, parce que je me suis rapidement retrouvé sans munitions. Ils se sont arrêtés, et quand j’ai voulu rendre compte rendu compte, ils se sont rués sur la barrière. Les alarmes ont alors commencé à sonner. On ne pouvait pas les arrêter, ils venaient avec des échelles et commencèrent à sauter. Nous n’avons pas pu réagir. C’était une avalanche comme je n’en avais jamais vu avant. Ca a été impressionnant et confus, parce qu’ils sautaient et qu’ils courraient parallèlement à la barrière, vers le bas, jusqu’à la tour n°2. Après un petit moment, les collègues sont arrivés. On a fait ce qu’on pouvait, parce que ça nous a débordé. Il y avait des gens qui tiraient de tous les cotés ».
Les quelques agents qui essayèrent de contenir l’avalanche pensèrent que beaucoup de migrants étaient morts ou gravement blessés, parce qu’ « ils tombaient sur le sol et ne bougeaient plus ».
Quand ils virent qu’ils ne pouvaient pas les empêcher de continuer à passer, les agents s’employèrent à relever les blessés, à les réanimer, à les soigner, « comme si nous étions des infirmiers ». La plupart des subsahariens étaient restés dans la zone entre les deux barrières frontière, et jusqu’à l’arrivée des effectifs du 061 (pompiers), ce furent les agents qui s’en occupèrent. « Je n’avais jamais rien vu de pareil. Il y avait des quantités de sang et de vêtements sur 300 mètres de grilles. Beaucoup d’hommes et une femme effondrés sur le sol, pleurant, avec les pieds et les mains détruites » raconte un autre agent.
Traduction Laurent Bonelli d’après El País du 3 octobre 2005.