Monday 21 November 2005, by Bonelli Laurent
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Près de 8000 voitures brûlées, des équipements collectifs (écoles, crèches, gymnases) détruits, l’instauration de l’état d’urgence, 2800 personnes interpellées par les forces de l’ordre, 400 condamnations à des peines de prison ferme prononcées par les tribunaux : le bilan des troubles qui ont secoué la France durant les mois d’octobre-novembre 2005 est lourd en termes matériels, humains et symboliques.
C’est la mort tragique de deux adolescents (et la blessure grave d’un troisième) qui cherchaient a échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-bois qui sont à l’origine des troubles. La colère et l’indignation dans le quartier débouchèrent sur des affrontements avec les forces de l’ordre, des destructions diverses et des incendies de voitures. Ce scénario est désormais classique dans nombre de quartiers, qui ont connu des drames similaires. L’extension des désordres est par contre à rechercher tant dans les dégradations économiques et sociales qui ont affecté les classes populaires ces trente dernières années que dans les transformations de leurs modes de contrôle, auxquels il faudrait ajouter des facteurs plus conjoncturels, comme la recherche délibérée d’un rapport de forces de la part du ministre de l’Intérieur. Ainsi, pour comprendre la crise qui a secoué le pays, il faut revenir sur trois séries de facteurs au moins :
la transformation radicale des milieux populaires sous l’effet d’un passage à un mode post fordiste de production (qui génère un chômage de masse et une précarisation généralisée des statuts) ; de la massification de l’enseignement ; et la concentration spatiale des précarités.
les effets de ces transformations sur les formes antérieures de normalisation des « indisciplines » juvéniles, et la montée en puissance des formes de contrôle policier et pénal.
le déclin des formes d’organisation politiques des classes populaires et la reformulation corrélative de la question sociale en question de sécurité, par l’ensemble des forces politiques, et notamment de gauche.
Travaillant depuis des années sur ces questions, les membres de l’équipe Française de Challenge proposent une série de textes de statuts différents, qui permettront au lecteur de s’orienter dans la production pléthorique d’analyses plus ou moins sérieuses qui ont été produites ces dernières semaines.
L’ensemble du dossier Violences urbaines en France