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Espagne : des réformes policières pour lutter contre le terrorisme

Tuesday 31 January 2006, by Bonelli Laurent

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Une nouvelle unité anti-terroriste et sa possible extension européenne

Le ministère de l’Intérieur espagnol a décidé de créer une «unité policière d’appui face aux attaques terroristes de grande ampleur», composé de policiers, de gardes civils, de membres des services de renseignement, de spécialistes en explosifs, et en attaques chimiques, nucléaires et bactériologiques (NBC). Ce groupe entre immédiatement en fonction, pour coordonner les activités anti-terroristes et éviter les dysfonctionnement comme ceux du 11 mars 2004. Ce groupe s’intégrera dans la future force européenne anti-terroriste, que le ministre de l’Intérieur, José Antonio Alonso, proposera aux pays du G5, lors de leur réunion en Allemagne, en mars prochain. Le ministre de l’Intérieur a déclaré à plusieurs reprises que la menace d’un attentat terroriste islamiste en Espagne, comme dans les pays voisins reste élevée. Ce constat, comme la désorganisation vécue lors des premières heures et des premiers jours après le 11 mars a amené le ministère à créer ce groupe.

L’unité de réaction devant les attentats majeurs sera formée par un groupe d’agents qui devront garantir «l’attention immédiate aux victimes, atténuer les dommages causés et faciliter le travail des unités de police chargées de l’investigation des faits».

Les agents de ce groupe seront désignés par les chefs de la Guardia civil, de la police nationale, des services de renseignement, de la police scientifique, des artificiers et des spécialiste NBC. Le nombre d’agents qui y seront affectés n’est pas encore connu. Ceux-ci seront identifiés comme appartenant à cette unité spécifique. Ils seront mobilisables de manière permanente, pour agir immédiatement en cas d’une hypothétique attaque de grande envergure.

En temps normal, ils se réuniront tous les trois mois pour échanger données et expériences. Si un attentat se produit, le coordinateur du groupe (alternativement par période d’un an, un haut gradé de la Guardia civil ou de la police nationale) dirigera les opérations, afin que ne se produisent ni «interférences, ni problèmes de coordination».

Le groupe participera «à la collecte et à l’analyse des preuves permettant l’identification des victimes et des auteurs présumés des faits; à l’enquête sur le type de matériel et d’explosifs utilisés ainsi qu’aux techniques utilisées; à l’adoption de mesures spécifiques face aux situations de menaces NBC; et à la recherche d’informations sur l’organisation responsable de l’attentat et ses auteurs, de même qu’à l’échange d’information antérieur avec les unités opérationnelles des forces de sécurité».

Cette unité prétend constituer le germe d’une future force européenne de réaction anti-terroriste que le ministre proposer de créer aux ministre de l’Intérieur du G5 (France, Allemagne, Espagne, Italie et Royaume Uni). Les textes, signés par le secrétaire d’Etat, Antonio Camacho, permettent au groupe espagnol pourra se déplacer dans n’importe quel pays européen pour «appuyer et collaborer à l’enquête».

Techniques undercover et de fichage

Par ailleurs, le service de police scientifique, que dirige Juan Antonio Gonzalez, entraîne déjà des agents pour exécuter des opérations «sous couverture» contre la grande délinquance. L’unité s’est créée à partir de la loi organique 5/1999, qui modifie la loi de l’Enjuiciamiento Criminal, et permet les «livraisons contrôlées» de drogue pour enquêter sur les réseaux de narco-trafiquants et donne une couverture légale à la figure de l’agent undercover. Les agents de cette brigade pourront agir sous une fausse identité (mais connue de l’autorité judiciaire), que leur donne le ministère de l’Intérieur pour une durée de 6 mois renouvelables. Sous cette fausse identité, les agents pourront «acheter et transporter les objets, les effets ou les instruments du délit, et différer leur saisie». Ils seront «dispensés de toute responsabilité criminelle, dès lors qu’ils ne commettent pas d’acte de délinquance pour leur propre compte et que leurs actes ne constituent pas une incitation à commettre un délit».

La police à déjà utilisé cette technique. La dernière fois fut en juin 2005, et permit la saisie d’un navire transportant 5000 kilos de cocaïne. Le juge de l’Audience nationale Fernando Grande-Marlaska a couvert de la sorte de policiers britanniques, pour qu’ils s’infiltrent, avec la collaboration d’agents espagnols, dans un réseau britannico-colombien. Ils ont ainsi créé une compagnie maritime, à laquelle les narco-trafiquants furent amenés, pour affréter le navire en question.

Dans le même temps, le service de police scientifique a développé une base de données pour le moment unique en Espagne. Baptisée Sicar-5, elle permet de stocker et de comparer les traces de pas recueillies sur les lieux où ont été commis des délits. La modernisation de ce service inclut également un nouveau système automatique pour la comparaison et l’identification de signaux acoustiques, allant des voix aux bruits de fond.

Enfin, le service s’est également doté d’un système de récupération d’empreintes de l’oreille. Les auteurs de vols avec violence essaient en effet souvent de savoir si les les domiciles qu’ils vont attaquer sont vides ou non et appuient leur oreille pour savoir s’il y a du bruit à l’intérieur. Les empreintes laissées sont plus résistantes au temps ou aux tentatives d’effacement que les empreintes digitales, et apportent d’autres informations, comme la taille de l’auteur, ou le fait qu’il porte des lunettes ou des boucles d’oreille.

Informations plus détaillées en Espagnol


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