Peter Gill s’intéresse ici aux relations qu’entretiennent les services de renseignement avec les gouvernements de plusieurs pays anglo-saxons (Royaume Uni, Etats Unis, Canada et Australie). Par les informations qu’ils collectent, les catégorisations et les mises en forme qu’ils opèrent, ces services sont en effet centraux dans l’exercice du pouvoir en actes et rares sont les gouvernements qui n’y ont pas recours. Néanmoins, ces relations restent complexes, variant selon les Etats et dans le temps. Peter Gill propose d’essayer les saisir au travers des notions d’autonomie et de pénétration. L’autonomie renvoie à l’indépendance des agences vis à vis des influences extérieures pour ce qui concerne leurs politiques et leurs pratiques ; la pénétration concerne la variété des techniques par lesquelles elles contrôlent et surveillent les autres agences et la société en général. L’interaction entre ces deux axes permet ainsi de définir des types idéaux de relations.
Gill, Peter :Security Intelligence And The Liberal Democratic State, Frank Cass, London 1994, 365 pages.