22 November 2005
Nous devions débattre aujourd’hui des graves et profonds problèmes de banlieue. Et puis après le conseil des ministres exceptionnel de lundi dernier, ce débat a été supprimé et remplacé par l’examen d’une loi d’exception ultra-sécuritaire qui vise à enchaîner toute espèce de liberté en exagérant toute espèce de danger. Ça n’est pas l’ordre dans la République qui vous importe, c’est la République de l’ordre. Car votre loi issue de la guerre d’Algérie, appliquée alors pour briser les résistances à l’ordre colonial, vise aujourd’hui à tout faire pour briser les résistances à l’ordre libéral. Cette loi n’autorise pas seulement le couvre feu, mais la définition de zones sécuritaires, les perquisitions de jour et de nuit, les assignations à résidence, les sanctions pénales expéditives. Alors qu’il y a urgence sociale et humaine, vous répondez urgence sécuritaire et inhumaine.